Pourquoi, en 2011, les ados risquent de débarquer sur Twitter

2 février 2011 dans Web 2.0 par hervé

En ce début d’année 2011, je cède à la tentation de vous livrer ma petite prédiction pour l’année à venir concernant l’évolution de la sociologie de Twitter.

Sans aller jusqu’à rattraper Facebook, il y a fort à parier qu’en 2011 Twitter connaisse une forte croissance dopée par l’engouement des adolescents pour la plateforme de micro blogging aux Etats-Unis comme en Europe. Les deux principaux éléments qui me conduisent à formuler une telle hypothèse sont les suivants :

- Les ados ont besoin « d’entre soi ». Or sur Facebook, Papa et Maman sont désormais aussi mes amis !

- Les SMS, c’est ringard et çà ne permet pas de communiquer avec l’ensemble de sa tribu

Facebook n’offre plus “l’entre soi” générationnel dont les ados ont besoin

Avec plus d’un demi milliard de membre et une moyenne d’âge de 38 ans, Facebook n’est plus un réseau social de niche. Toutes les statistiques publiées par Facebook montrent que depuis 2010, le taux de progression des membres se fait sur la tranche des 55 ans et +.

Durant toute cette année 2010, les parents, les oncles, les tantes ont débarqués sur Facebook ! Si certains ados sont parvenus à cloisonner, pas évident de refuser la demande de contact de papa ou maman !

Où est le problème me direz vous ?! Eh bien, dès lors qu’un ado compte ses parents parmi ses amis sur Facebook, cela va l’inciter à une certaine retenue dans ces posts : il ne sera plus aussi spontané que devant sa bande d’amis. Bref il ne sera plus aussi libre qu’avant ! A mon sens, ceci constitue déjà en soi, une bonne raison de trouver un nouvel eldorado.

La rupture de « l’entre soi » générationnel sur Facebook peut constituer une raison suffisante pour que les ados se mettent en quête d’un nouvel eldorado. Et qui d’autre que Twitter est mieux à même de leur offrir cet eldorado ?!

Les SMS, c’est ringard et çà ne permet pas de communiquer avec sa tribu

A l’heure des médias sociaux et de l’avènement de l’Internet Mobile, les SMS sont sur le point de prendre un sérieux coup de vieux. Deux caractéristiques des SMS peuvent conduire à pronostiquer leur obsolescence et donc leur abandon progressif au profit d’autres outils de communication plus sophistiqués.

Une première caractéristique tient à l’une des limites fonctionnelles du SMS : celui-ci est essentiellement un outil de communication « One To One ».

Il est certes possible d’envoyer un même SMS à plusieurs personnes à la fois mais chacun en conviendra, c’est relativement fastidieux et à quelques rares exceptions (Nouvel an, annonce d’une Naissance) peu de personne pratique régulièrement l’envoi de SMS en groupe. Bref, le SMS reste essentiellement un moyen de communication One To One qui permet à deux individus d’échanger.

La seconde caractéristique tient au caractère essentiellement privé de l’usage des SMS.

La lame de fond du Social Média a changé la donne dans la perception de ce qui relève de la sphère privée et intime et ce qui relève de la nouvelle sphère digitale publique. Je ne suis ni pour, ni contre (bien au contraire !) mais je constate juste que pour nombre d’entre nous à commencer par les plus jeunes, la sphère privé a rétréci (ou changé de nature). Désormais force est de constater que chacun se livre et publie beaucoup plus de choses sur lui-même sur la toile. Au delà même de Facebook, il suffit pour s’en convaincre de voir le succès croissant des services de géo localisations du type Foursquare ou Facebook Place.

Bref, pour les ados, à quoi bon utiliser le média SMS alors qu’il limite drastiquement la publicité qu’ils sont prêts à apporter à leurs prises de paroles ?!

Alors, d’accord, me direz vous, mais Twitter dans tout çà ?!

Eh bien, Twitter, à y regarder de plus prêt, présente bien des avantages : Sur la forme, un tweet n’est guère éloigné d’un SMS. Sur le fond, la plateforme de micro-blogging permet à la fois la plus large publicité des messages tout en offrant le cas échéant l’anonymat et la protection des tweets qui permet aux ados d’une tribu de recréer de l’entre soi.

Hier pour donner RDV à ses potes, Kevin devait envoyer autant de SMS qu’il a d’amis. Aujourd’hui, en un tweet, il peut prévenir toute sa tribu de followers et se géolocaliser en même temps.

Sans aller jusqu’à pronostiquer le déclin de Facebook, il faut bien comprendre que celui-ci devenant « Mainstream », il ne permet plus à ses membres de se différencier. Dès lors, en plus de Facebook, les ados en quête de différenciation pourraient choisir de cultiver un autre espace digital …. sur Twitter.

Qu’en pensez vous ?