Les grandes villes encore très minoritaires sur Facebook

2 décembre 2010 dans Web 2.0 par hervé

N’en déplaise à certains, Facebook n’est pas un phénomène de mode. Avec plus d’un demi milliard de membres dans le monde et 20 millions en France, c’est une réalité sociale et économique. Les entreprises ne s’y sont d’ailleurs pas trompées : elles investissent désormais massivement la plateforme pour communiquer auprès de leur cibles. Qu’en est-il des collectivités locales et notamment des grande villes françaises (+ de 100 000 hab.) ?! C’est à cette question que cette étude a entrepris de répondre en s’appliquant à recenser les Fans Pages « officielles » des municipalités quand elles existent. Et au delà, de voir l’état de l’offre existante en matière de Fans Pages indépendantes. Voici le résultat de cette étude menée par l’agence Adverbia et Hervé Pargue :  pas folichon comme dirait Laurent Cabrol !

Sur les 41 villes, seules 11 d’entre elles sont présentes sur Facebook par l’intermédiaire d’une Fan Page officielle, alors qu’il existe une multitude de Fans Pages indépendantes qui cumulent au total plus d’un million de Fans.

Un double constat

1 / Des municipalités encore très minoritaires sur Facebook

Les grandes villes sont encore très peu présentes sur Facebook : 25% d’entres elles seulement animent une Fan page (11 sur les 41 villes de plus de 100 000 habitants).

Parmi les municipalités présentes, on retrouve Paris, Toulouse, Grenoble, Besançon et Strasbourg mais ni Marseille, Lyon ou Bordeaux. Lille, Orléans ou Montpellier ne sont davantage présentes.

2 / Des pages indépendantes fédérant chacune plusieurs dizaines de milliers de Fans

Un rapide tour d’horizon montre que les Fans Pages indépendantes sont nombreuses : pas une ville qui n’ait au moins une ou deux Fans Pages qui lui sont consacrées ! Ainsi, Metz, Villeurbanne, Montpellier en compte deux chacune. Amiens, Bordeaux et Dijon en compte 3 chacune. Le record du nombre de Fans pour une page indépendante étant détenu par Marseille suivi par Toulouse, Bordeaux et Lyon.

Palmarès des Villes ayant le plus de Fans

Si on met Paris de côté, c’est Besançon qui arrive bonne première en nombre de Fans sur sa page publique avec 19 471 Fans. Bel exploit pour la cité bisontine qui reste fidèle à sa réputation de pionnière en matière de TIC. Besançon est suivi par Grenoble (+ de 18 000 fans) et Rouen (15 788).

VILLE NOMBRE DE FANS
1 Besançon 19 471
2 Grenoble 18 902
3 Rouen 15 788
4 Saint-Étienne 5344
5 Toulon 4154
6 Toulouse 1668
7 Clermont-Ferrand 1490
8 Strasbourg 1045
9 St Denis de la Réunion 716
10 Villeurbanne 211
11 Montreuil 138

Palmarès des Fans Pages indépendantes

VILLE NOMBRE DE FANS
1 Marseille 258 856
2 Toulouse 135 303
3 Bordeaux 102 449
4 Lyon 100 707
5 Lille 86 044
6 Montpellier 78 584
7 Strasbourg 58 664
8 Nantes 48 276
9 Nice 41 589
10 Paris 28 043
11 Nancy 25 945
12 Brest 25 630
13 Caen 23 276
14 Perpignan 21 455
15 Metz 19 988
16 Angers 19 144
17 Grenoble 18 902
18 Rennes 18 026
19 Tours 17 364
20 Rouen 15 788
21 Saint-Étienne 13 789
22 Amiens 12 778
23 Clermont-Ferrand 11 887
24 Dijon 11 301
25 Le Mans 11 251
26 Nîmes 10 840
27 Le Havre 10 315
28 Toulon 6 235
29 Reims 5763
30 Orléans 4578
31 Besançon 4323
32 Montreuil 3739
33 Limoges 3719
34 St Denis (93) 3190
35 Boulogne Billancourt 3034
36 Argenteuil 3004
37 Villeurbanne 2981
38 Aix en Provence 2796
39 Mulhouse 2723
40 St Paul de la Réunion 2574
41 St Denis de la Réunion 1172

Analyse : des membres de Facebook tout à fait disposés à «aimer» leur ville

L’adhésion aux Fans Pages indépendantes montre que les membres de Facebook sont prêt à « aimer » leurs villes : ville d’origine, ville d’habitation ou destination touristique. Les publications des membres sur les Murs montrent souvent des signes spontanés d’attachement à la Ville, voir même parfois une fierté d’y habiter ou d’en être originaire. Les Villes touristiques, quant à elle, voient aussi une adhésion assez forte que l’on peut imaginer associée aux séjours de vacances.

Alors même que les internautes sont là (près de 20 millions de Français sur Facebook) et les attentes manifestes, les municipalités répugnent à faire le grand saut dans le bain du plus grand réseau social au monde.

La souplesse partisane aidant, on aurait pu croire les Maires plus présents en tant qu’hommes (ou femmes) politiques. Il n’en est rien ! 9 sur 41 d’entre eux seulement animent une Fan Page.

3 bonnes raisons pour les municipalités d’être présentes sur Facebook

1. Fish Where the Fish are

Avec bientôt 20 millions de membres français sur Facebook, il est peut être temps de se pencher sur ce qui est désormais une réalité sociale, non ?

2. Développer une communication de proximité

Sur Facebook vous aurez l’occasion de vous adresser à vos concitoyens de manière moins institutionnelle, plus simple et pratique. Il faut pour cela bien sûr rompre avec 30 ans de communication territoriale.

3. Vous avez beaucoup à gagner à engager la conversation

De manière inédite dans l’histoire des collectivités, le feedback des citoyens et usagers peut beaucoup plus facilement remonter sur un Mur de Fan Page. C’est une réelle opportunité pour améliorer le fonctionnement des services à la population. Enfin, solliciter la participation des internautes n’est-ce pas ce que tous les politiques entendent faire au travers des dispositifs de démocratie participative ?

Partis pris méthodologique

Cette étude a été réalisée entre le 22 et le 28 novembre. Les chiffres présentés ne constituent donc qu’une photographie à un instant T. Il est probable que le nombre de Fans ait déjà fluctué sur les pages.
Nous avons effectué les recherches sur Facebook et Google à partir de deux requêtes : « Nom de la Ville » ET « Ville de …. »
Nous n’avons recensé que les Fans pages et non les profils perso. Ceux-ci étant limité à 5000 amis, ils constituent un format totalement inadapté pour une ville de + de 100 000 hab.
En ce qui concerne les Fans Pages indépendantes, nous n’avons recensé que celles dont la dénomination pouvait laisser entendre qu’elles étaient institutionnelles.

Un mot sur l’Association villes et régions de France

Cette pseudo association a créé un nombre significatif de Fans pages de collectivités locales (grandes villes et Régions) mais qui se cachent derrière l’AVRF ?!

1. Une recherche sur l’annuaire des associations (http://www.refasso.com ) montre que celle-ci n’existe même pas ! On n’en trouve trace nulle part.

2. Une recherche sur le nom de domaine sur Whois.com ne donne pas plus de résultat : l’identité du propriétaire est caché !

3. Lorsque l’on visite leur pseudo site (qui se résume en fait à une page !) www.association-villes-et-regions-de-france.com on se rend compte qu’il n’y a aucun moyen de les contacter ! Étrange pour une association qui prétend fédérer des communautés !
Bref, tout laisse à penser que les motivations des personnes « cachées » derrière cette vraie-fausse association ne sont pas aussi honorables qu’elles ne voudraient le laisser penser… S’agit-il d’un parti politique, d’une agence de communication qui avance masqué(e) ?! Rien ne permet de le dire et d’ailleurs, les pages créées ne sont même plus animés.

Auteurs de l’étude

Ont participé à la réalisation de cette étude :

Hervé Pargue

Virginie Mahé (@virginemahe sur Twitter)
Romain Santiago

Cette étude est disponible en intégralité ici !

Ils en parlent…

20 minutes – Strasbourg (7 décembre 2010)

20 minutes – Paris (7 décembre 2010)

20 minutes – Toulouse (8 décembre 2010)